Photo : Agence Parcs Canada/J. Park
Sur le campus de l’Université de Colombie-Britannique dans l’Okanagan (UBCO), les cours sans crédit ne peuvent être comptabilisés pour l’obtention d’un diplôme universitaire. Ces cours sont plutôt conçus pour les apprenants qui cherchent à maîtriser de nouvelles compétences ou peaufiner des savoirs existants, et enrichir leur connaissance de sujets précis.
Les cours seront conçus pour un vaste public : agences de gestion des incendies forestiers, services d’incendies, membres des Premières Nations et des communautés autochtones, ONG, partenaires de l’industrie et propriétaires fonciers. D’autres cours de base pourraient aussi être offerts au grand public.
Les frais seront fixés par cours et seront indiqués sur la page d’inscription dès qu’ils seront disponibles.
Vous pourrez vous inscrire sur le portail de formation continue de l’UBCO.
Non. Le PCFBD est un programme décentralisé qui offre des formations dans différentes régions et en ligne, avec quelques possibilités de formation en présentiel à Kelowna.
Les profils varieront selon les cours et pourront inclure des apprentissages en classe, des suivis en ligne et des formations pratiques sur le terrain.
Non. La certification est gérée par les autorités provinciales ou fédérales. Les participants doivent consulter leur organisation ou leur juridiction pour connaître les exigences en matière de certification.
Des décennies de suppression de feu ont mené à une accumulation de la végétation, créant ainsi des forêts denses et vieillissantes avec moins d’espaces ouverts et une biodiversité réduite. Dans de nombreux écosystèmes dépendants du feu, l’absence d’incendies sur une base régulière a augmenté le risque d’incendies forestiers sévères et importants.
Historiquement, les incendies naturels fréquents et le brûlage culturel pratiqué par les communautés autochtones créaient des forêts et des prairies plus clairsemées. Ce profil de territoire limitait l’ampleur des feux. Aujourd’hui, la disparition de ces coupe-feu naturels signifie que les incendies sont plus susceptibles de se propager sur de vastes étendues.
Le brûlage dirigé contribue à rétablir le feu comme processus naturel. En réduisant la charge combustible et en créant une mosaïque diversifiée de zones brûlées et non brûlées, le brûlage dirigé peut limiter la propagation et la gravité des incendies forestiers. Cette pratique produit également un plus grand éventail d’intensités de feu que ceux dont nous sommes témoins en raison de la sécheresse, ces derniers causant généralement des dommages plus importants aux sols, aux habitats fauniques et aux écosystèmes.
La sécurité est notre priorité absolue. Chaque brûlage dirigé est soumis à un processus de planification approfondi qui peut prendre des mois, voire des années. Cette planification repose sur le savoir-faire de pointe d’une équipe de professionnels qualifiés ainsi que sur des lignes d’arrêt, des ressources en cas d’imprévus, des prescriptions relatives aux conditions météorologiques et au combustible, ainsi que des protocoles de surveillance détaillés.
En période de planification, les intervenants évaluent la zone du brûlage dirigé afin de cibler les barrières naturelles ou artificielles (telles que les routes ou les coupe-feu) qui peuvent aider à contenir le feu. Au besoin, cette période de planification peut inclure une étape de défrichage de la végétation, d’arrosage préventif ou d’installation de systèmes d’asperseurs. Pendant la mise en œuvre du brûlage, des ressources telles que des pompiers, des camions d’incendie et des avions peuvent être déployées sur place ou gardées en attente afin de maintenir le feu dans les limites définies ou d’intervenir si le feu se propage dans les zones adjacentes.
Le feu et les conditions météorologiques sont dynamiques. Le brûlage dirigé ne peut être effectué que si des conditions précises sont respectées, mais les équipes sont formées et équipées pour pivoter immédiatement du processus de brûlage dirigé à la suppression de l’incendie si les conditions changent.
Après l’allumage, les feux sont surveillés en permanence à l’aide d’outils, tels que des caméras à distance, des satellites de détection de chaleur, des patrouilles aériennes et des patrouilles au sol. Si une suppression est nécessaire pour l’atteinte des objectifs de sécurité ou écologiques, des ressources sont déployées rapidement. Bien qu’une planification minutieuse et des ressources adéquates permettent de réduire les risques, ceux-ci ne peuvent toutefois être totalement éliminés. Les professionnels restent prêts à intervenir si un feu ne se comporte pas comme prévu.
Étant donné que le comportement du feu et les conditions météorologiques peuvent changer rapidement, il est toujours possible qu’un brûlage dirigé ne se déroule pas exactement comme prévu. Tout au long de la planification et de la mise en œuvre, les intervenants évaluent en permanence les risques et sont préparés à lancer des plans d’urgence.
Cela implique notamment de veiller à ce que le personnel et l’équipement nécessaires sont sur place ou disponibles pour intervenir en cas de feux disséminés ou échappés. Les conditions météorologiques, la teneur en humidité des combustibles et le comportement du feu sont surveillés en temps réel afin de faciliter une prise de décision rapide. Si les conditions l’exigent, les opérations de brûlage dirigé passent immédiatement à la suppression.
Le brûlage dirigé est l’utilisation intentionnelle et soigneusement planifiée du feu pour atteindre des objectifs écologiques et de gestion de territoire précis.
Cette stratégie n’est employée que si les conditions météorologiques, environnementales et de combustible prédéfini sont réunies. De plus, le brûlage dirigé est guidé par un savoir scientifique, une expérience pratique et une compréhension approfondie de l’écologie du feu. La planification comprend la considération des processus écologiques ainsi que des valeurs culturelles et sociales, du contexte communautaire et des objectifs à long terme en matière de gestion du territoire.
Bien que certains feux dirigés puissent brûler dans des conditions similaires à celles des incendies forestiers, ces premiers sont généralement de plus courte durée et produisent moins de fumée. Les feux dirigés ne sont allumés que lorsque la direction du vent et les conditions atmosphériques permettent à la fumée de se disperser en toute sécurité et que les effets sur les collectivités voisines sont réduits au minimum.
La planification comprend généralement :
Il est essentiel de comprendre l’écologie du feu et le régime historique des incendies d’un écosystème, soit leur fréquence, leur ampleur et leur saisonnalité. Lors de la planification, les intervenants ciblent des objectifs clairs qui guideront le profil de brûlage à rétablir : son intensité, son ampleur et sa fréquence.
Par exemple, si un habitat faunique nécessite des feux de surface fréquents et de faible intensité/gravité pour maintenir des espèces fourragères importantes, la prescription de brûlage sera élaborée en fonction des conditions météorologiques et des combustibles qui favoriseront l’atteinte de ce résultat. Des zones de surveillance pour avant et après l’allumage sont aussi souvent établies afin de mesurer les effets de la pratique sur la végétation, la faune et les sols.
Des analyses post-brûlage permettent aussi d’évaluer si les objectifs ont bel et bien été atteints et d’orienter la planification des prochaines initiatives de brûlage dirigé.
Les initiatives de brûlage dirigé comprennent des exigences strictes en matière de gestion de la fumée. Le brûlage n’est effectué que si les conditions qui minimisent les effets de la fumée sont respectées, notamment une direction favorable du vent, une bonne ventilation ou une planification qui concorde avec l’arrivée imminente de précipitations.
Contrairement aux incendies forestiers qui brûlent souvent pendant de longues périodes et dans des conditions de sécheresse, le brûlage dirigé est conçu pour limiter à la fois la durée et la concentration de la fumée et pour éviter autant que possible les principales conséquences sur les communautés voisines.
Les zones de brûlage sont choisies en fonction des objectifs écologiques et de gestion du territoire, et ce, souvent en consultation avec des experts comme des biologistes, des forestiers, des personnes détenant des savoirs autochtones clés et des communautés locales. Les caractéristiques naturelles ou artificielles (rivières, routes ou zones précédemment brûlées) sont aussi utilisées pour aider à contenir le feu en toute sécurité.
Le brûlage dirigé est utilisé pour atteindre plusieurs objectifs, notamment :
De nombreux écosystèmes canadiens dépendent du feu pour se régénérer et rester sains à long terme. La suppression du feu peut conduire à des forêts denses et stressées qui sont plus vulnérables aux insectes, aux maladies et aux incendies forestiers importants.
Le brûlage dirigé réduit ces risques pour les communautés et favorise le maintien de forêts plus saines et plus résilientes, tout en aidant les pompiers à gérer les incendies forestiers de manière plus sécuritaire et efficace.
De nombreux écosystèmes canadiens sont adaptés au feu. Plus d’un siècle de suppression du feu a accru le risque d’incendies forestiers et réduit la biodiversité et l’intégrité écologique. Le brûlage dirigé contribue à rétablir les processus naturels et à réduire la probabilité d’incendies forestiers sévères et imprévus.
Les feux découlant d’une stratégie de brûlage dirigé varient beaucoup, allant de feux de surface de faible intensité dans les prairies et les forêts clairsemées, à des feux plus importants à l’échelle du paysage. Leur profil dépend de l’écosystème et des objectifs précis qui ont été établis.
Selon la complexité du projet, la planification peut prendre des mois, voire des années. Les intervenants peuvent également attendre longtemps avant que les conditions météorologiques et environnementales soient favorables.
La durée du feu dépend de son ampleur et des objectifs établis. De nombreux feux sont planifiés pour avoir lieu avant des précipitations afin d’en limiter la durée. Les feux dirigés de plus grande ampleur peuvent brûler plus longtemps, mais ils sont surveillés de près afin d’assurer la sécurité et l’efficacité de l’opération.
Les opérations incluent une surveillance accrue avant et après le brûlage dirigé de la végétation, de la faune et des effets du feu. Les données recueillies sont ensuite utilisées pour évaluer les résultats et améliorer les pratiques futures.
Le brûlage dirigé réduit la présence de combustibles inflammables à proximité des communautés et crée des écosystèmes plus variés. Cette mosaïque de zones brûlées et non brûlées peut ralentir la propagation des incendies forestiers, limiter leur ampleur et faciliter leur suppression sécuritaire.
Les espèces adaptées au feu ont évolué pour se régénérer après un incendie. La repousse dépend de l’ampleur de l’incendie, des conditions du sol, de l’hydrologie et de la présence de graines. Dans certains cas, les modèles de régénération peuvent différer des conditions historiques en raison des changements climatiques ou de la suppression du feu dans le passé.
La plupart des animaux sauvages sont adaptés au feu. Généralement, ils s’éloignent par eux-mêmes ou se réfugient dans des zones moins susceptibles de brûler. Un petit nombre d’animaux peuvent être affectés négativement, mais les conséquences sont plus modérées qu’avec les incendies forestiers à progression rapide et de forte intensité.
Les intervenants s’efforcent aussi de réaliser les initiatives de brûlage dirigé en dehors des principales périodes de nidification ou de reproduction afin de minimiser les effets négatifs sur les jeunes animaux ou les espèces menacées.
Le brûlage dirigé est l’utilisation planifiée et dirigée du feu sous certaines conditions précises dans le but d’atteindre des objectifs écologiques et de gestion du territoire par des organisations issues de la colonisation ou des intervenants non autochtones. Bien qu’il existe des similitudes, ces deux pratiques présentent des différences importantes.
Le brûlage culturel est une pratique qui est exclusivement menée par les communautés autochtones et qui vise l’atteinte d’objectifs culturels précis. Le savoir autochtone détermine quand, où et comment le feu sera utilisé sur le territoire, mais, en général, il s’agit d’un brûlage lent et de faible intensité. Souvent, le brûlage culturel se pratique en famille et se concentre sur les méthodes traditionnelles d’allumage et d’entretien des feux.
Le brûlage dirigé, lui, est généralement mené par des organisations issues de la colonisation et vise l’atteinte de différents objectifs écologiques ou de gestion du territoire qui recoupent parfois des objectifs culturels. La pratique s’appuie sur les principes de la science occidentale et s’applique à un plus vaste éventail d’ampleurs et d’intensités de feu, dont les feux de renouvellement de grande taille, mixtes ou à haute intensité. Ces types de brûlages dirigés sont presque exclusivement allumés à l’aide d’équipements précis, comme des brûleurs par gravité ou des dispositifs d’allumage montés sur hélicoptère, et généralement gérés avec une variété de produits chimiques et d’accélérateurs.
Frank Lake et Dre Amy Cardinal Christianson (2019) définissent l’intendance autochtone du feu comme l’utilisation du feu par divers peuples autochtones, aborigènes et tribaux afin de : (1) modifier les régimes de feu, en s’adaptant et en réagissant aux conditions climatiques et environnementales locales afin de favoriser l’apparition de paysages, d’habitats et d’espèces souhaités, et (2) augmenter l’abondance des ressources privilégiées afin de préserver les systèmes de connaissances, les pratiques cérémonielles et de subsistance, ainsi que les économies et les moyens d’existence. L’intendance autochtone du feu désigne les enseignements intergénérationnels des connaissances, croyances et pratiques liées au feu au sein des cultures dépendantes du feu en ce qui a trait aux régimes de feu, aux effets du feu ainsi qu’au rôle du brûlage culturel dans les écosystèmes et les habitats sujets aux incendies.